Le Qi Gong?

          Le "Qi Gong" est un art ancestral chinois basé sur une association de mouvements doux, naturels, lents et détendus, sur la conscience du souffle (le Qi) et l’harmonie entre le corps et l’esprit. Il allie relaxation mentale, assouplissement corporel, plaisir de se mouvoir de manière fluide, à un travail énergétique de revitalisation des organes.Il est fondé sur les mêmes principes que l’acupuncture, utilisant les méridiens comme réseaux de concentration et de circulation de l’énergie.C’est une voie d’épanouissement personnel, tant physique que psychique et spirituel, une source de bien être.

          La pratique régulière du "Qi Gong" nous donne la santé, l’équilibre émotionnel, la résistance au stress et aux difficultés de la vie.

Origines

« En faisant que ton souffle corporel (ou shen qi) et que ton souffle primordial (ou jing qi) embrassent l'Unité, peux-tu redevenir un enfançon ? » Tao Tö King 10.

          Vers le 5ème siècle, selon la légende, "Bodhidharma" développait le qi gong dans le "wu shu" de l'école Shaolin plus communément appelé de nos jours "Kung-fu Shaolin" au monastère Shaolin, en Chine, en s'inspirant des gymnastiques taoïstes de longévité.

          Durant la Révolution culturelle (xxe siècle), le "Qi Gong" est réprimé. Plus tard, de nombreuses écoles surgissent, et une s'en détache par sa notoriété, le Falun Gong.
          En 1981, le wu shu
Kung-fu Shaolin se reconstitue.

Historique du qi gong en Chine

Genèse du qigong:

          Les racines du Qi gong sont millénaires et indissociables de la tradition taoïste. Le travail sur le souffle et l'énergie interne était déjà pratiqué par les sages de l'Antiquité, aussi existe-t-il des écoles taoïstes, bouddhistes et confucianistes de "Qi Gong", lesquelles ont grandement influencé le développement de la médecine chinoise traditionnelle. Se transmettant de façon le plus souvent privée et secrète entre maîtres et initiés, la pratique du "Qi Gong" a connu une popularité croissante au 20ème siècle, tant au sein de la population chinoise qu'à l'extérieur de la Chine, notamment grâce aux contacts des sociétés occidentales qui s'y intéressent de plus en plus à partir des années 1960.

          Le père du "Qi Gong" moderne est "Liu Guizhen" (1920-1983), un cadre du Parti communiste chinois. Après s'être fait soigner pour un ulcère par un maître qui lui enseigna une méthode de méditation et de contrôle de la respiration en position debout, il fut chargé par ses supérieurs de développer cette technique de maîtrise du souffle, mais débarrassée de ses éléments religieux.

Adoption par le Parti communiste

          Adopté par le régime communiste en 1949, le "Qi Gong" est présenté dans les années 1950 « comme une thérapie d'origine populaire et chinoise », en opposition à la médecine « bourgeoise » occidentale. En 1953, un sanatorium spécialisé est ouvert à Beidaihe, station balnéaire pour les cadres communistes, où ces derniers sont initiés aux méthodes de relaxation.

          Dans l'ensemble du pays, 70 centres de pratique du "Qi Gong" sont ouverts y compris les cliniques et les sanatoriums. Liu Guizhen est honoré par "Mao Zedong".

Interdiction sous la Révolution culturelle

Puis ces pratiques sont interdites et réprimées comme pratiques féodales et superstitieuses durant la Révolution culturelle. Le "Qi Gong" continue cependant à se transmettre clandestinement entre maîtres et disciples.

Réapparition et promotion​

          À partir des années 1970, le "Qi Gong" refait surface et se pratique collectivement dans les parcs de Pékin à l'initiative d'une certaine "Guo Lin" qui estimait avoir guéri son cancer de l'utérus grâce au "Qi Gong". En 1979, cette dernière est encouragée par plusieurs dirigeants qui voient dans le "Qi Gong" un moyen sans frais d'améliorer l'état de santé de la population.

          À la fin des années 1970, la popularité de ce nouveau "Qi Gong" des maîtres charismatiques a reçu un coup de fouet important en Chine grâce à la « supposée "découverte scientifique" de l'existence matérielle du "qi" ». « À la fin des années 1970, des scientifiques réputés, travaillant au sein d’universités et d’instituts de recherche ayant pignon sur rue, ont effectivement procédé à des expérimentations prétendant prouver que le "qi" émis par un maître du "Qi Gong" pouvait être mesuré par des instruments scientifiques. »

          Au début des années 1980, dans le vide spirituel de l'ère post-Mao et dans un contexte de détente économique, peu après les premières réformes libérales et la première apparition du chômage, le pays connaît une véritable « fièvre du "Qi Gong"», des millions de Chinois, principalement urbains et âgés, deviennent pratiquants d'une des diverses variétés ou écoles de "Qi Gong", dirigées par des maîtres charismatiques dont beaucoup deviennent des célébrités nationales.

          Dans des stades, devant des milliers de passionnés, des enseignements payants sont donnés par les maîtres dispensateurs de "qi" et de guérisons miraculeuses, à l'instar du maître "Yan Xin", censé émettre un "qi externe" pouvant changer la structure moléculaire d'un échantillon d'eau à deux mille kilomètres de distance. La Société de recherche scientifique sur le "Qi Gong" de Chine (SRSQC), organisme national qui regroupe les associations de "Qi Gong", est créée par l’État en 1985 pour superviser le mouvement.

          Les autorités, qui voient dans le "Qi Gong" une façon de mettre en avant la culture chinoise, participent à sa promotion à travers les Salons de la santé qui lui sont consacrés à Pékin en 1992 et 1993.

Effets présumés

          Le "Qi Gong" compte plusieurs branches, lesquelles recouvrent des centaines de styles différents : le Qi Gong santé et bien-être (préventif), le Qi Gong martial, le Qi Gong médical (curatif), le Qi Gong sexuel et le Qi Gong spirituel.

          Les effets allégués d'une pratique régulière du "Qi Gong" vont de l'augmentation de la capacité de prévention et de guérison des maladies et des blessures, du maintien en bonne santé, de l'augmentation de la qualité de vie, de la longévité, du développement de soi, voire jusqu'au développement de dons de guérison et d'autoguérison.